Artistes, archivistes : même combat !

Ligne de départ, le désordre : le pilon des Archives et des diapositives en vrac dans l’atelier des artistes (Cliché N. Fleurance, 13 juillet 2016 / Archives de Rennes)

Ligne de départ, le désordre : le pilon des Archives et des diapositives en vrac dans l’atelier des artistes (Cliché N. Fleurance, 13 juillet 2016 / Archives de Rennes)

Ligne d'arrivée, l'aboutissement : des rayonnages d'archives en magasin et la tour de diapositives de Loïc Creff (Cliché N. Fleurance, 13 juillet 2016 / Archives de Rennes)

Ligne d’arrivée, l’aboutissement : des rayonnages d’archives en magasin et la tour de diapositives de Loïc Creff (Cliché N. Fleurance, 13 juillet 2016 / Archives de Rennes)

Christelle Gautier, Archives de Rennes.

Des archives et des preuves

Dossiers archives (Cliché Marie Bretault, juillet 2016 / Archives de Rennes)

Dossiers archives (Cliché Marie Bretault, juillet 2016 / Archives de Rennes)

Une rencontre avec Delphine Deshayes le temps d’un échange. L’occasion pour moi de mettre le quotidien bouillonnant sur pause. Expliquer les archives, mon métier et ses motivations, facile c’est mon boulot ! Dans mon propos bien rodé, vient, comme toujours, le thème de la preuve. Les archives comme preuve juridique pour la collectivité, preuve pour justifier le bon droit d’un usager, d’un citoyen. Me revient alors en tête l’excellent documentaire expliquant le travail de ces avocats et autres citoyens syriens qui collectent des archives, des témoignages, comme autant de preuves dans le procès qui sera un jour mené contre les responsables des crimes commis à l’encontre de la population syrienne. Voilà qui nous ramène à nos fondamentaux ! Les archivistes ne se situent pas en bout de chaine de l’action humaine, archivant ce qui fut, mais bien au cœur de la démocratie, archivant pour chacun d’entre nous. Une bouffée d’air ce projet et ces rencontres avec les artistes ! Merci. Marie Bretault, Archives de Rennes.

Accéder à la présentation du documentaire diffusé sur France5 le mardi 31 mai 2016

« Silencieusement »

J’ai découvert avec émotion ce très beau projet que je vous propose de découvrir à votre tour. «Silencieusement» est le titre d’un concert itinérant en six mouvements écrits par le compositeur Nicolas Frize, dans le cadre de sa résidence de création aux Archives nationales (2014-2015) sur le site de Pierrefitte-sur-Seine. À l’issu d’un long compagnonnage avec les membres de l’équipe, de déambulations dans le bâtiment, d’observation des métiers, des lecteurs, des professionnels, des processus, Nicolas Frize propose un dispositif artistique qui mêle lectures d’archives, témoignages, jeux d’écriture, prises de son et musique au sein de l’équipement. Cette œuvre musicale originale questionne aussi l’espace et l’acoustique du bâtiment pour proposer une approche sensible de ce lieu public, vivant, habité, chargé de documents et d’émotions… Je n’ai pu entendre que des extraits de cette œuvre mais je suis déjà mordue et attends l’opportunité d’entendre un jour, je l’espère, ce concert atypique. Violaine Tissier-Le Nénaon, Archives de Rennes.

Plus d’informations sur le projet
Accéder au site de Nicolas Frize

Inspirations croisées

Jeudi dernier, Bruno Datiguenave conseiller Livre et lecture à la DRAC Bretagne, Benoît Careil, adjoint à la Culture et Pedro Pereira, chargé de mission Arts visuels, cinéma et audiovisuel à la Ville de Rennes étaient présents aux côtés des membres de La Collective et des Archives de Rennes pour une visite d’étape de l’atelier des artistes. Une occasion privilégiée de prendre connaissance des pistes de recherches engagées par les trois artistes et des fonds qui ont attiré leur attention ou leur curiosité depuis avril dernier. Les fonds d’architectes et plus spécifiquement celui de Georges Maillols, intéressent particulièrement Loïc Creff qui puise dans les plans ou les magazines d’architecture la matière première de ses futures constructions oniriques, maquettes et créations graphiques colorées et jubilatoires. Grégory, quant à lui, navigue au cœur des archives comme un détective à la recherche d’indices, sur les traces d’un mystérieux bourreau ou d’attractions spectaculaires programmées dans les anciennes fêtes foraines de Rennes. Associant les images, les références et les styles et jouant avec les anachronismes, il nous propose plusieurs pistes d’exploration mêlant archives et magie, apparition et disparition. Delphine, de son côté, s’intéresse à la vie intérieure des Archives de Rennes : par la pratique de la vidéo et de la collecte de témoignages, elle met en valeur les gestes, les mains, la fragilité des documents et confronte les points de vue. Elle s’intéresse aussi à la question de la contamination, des traces de détérioration dont les documents gardent traces tout autant qu’aux questions soulevées par l’étude plus spécifique du fonds de l’usine de traitement des déchets dans le quartier de Villejean. Les sujets, les approches, les axes de recherche et les inspirations sont variés, parfois insolites mais toujours intéressants. L’été verra sûrement ces pistes s’enrichir de nouveaux apports et projets : rendez-vous le jeudi 15 septembre 2016 pour la table ronde de restitution du projet à 18h30 aux Archives de Rennes ! Violaine Tissier-Le Nénaon, Archives de Rennes.