Soleil éternel

VIE DE RÊVE, Lise Lerichomme, 11 avril 2016.

VIE DE RÊVE, Lise Lerichomme, 11 avril 2016.

Pour nous, membres de La Collective, l’envie d’inventorier ce qui a pu nous toucher, attirer notre regard ou aiguiser notre curiosité lors de ces premières visites des Archives de Rennes est brulante.
La découverte des lieux se fait peu à peu, au fil des rencontres répétées avec le bâtiment et l’équipe qui y travaille.
De la première présentation un peu solennelle du dispositif, au cœur de l’hiver, dans la grande salle de conférence, à la première exploration des lieux quelques mois plus tard, chacun(e) a saisi l’ambiance particulière de ces lieux.
La surprise vient d’abord de la fluidité avec laquelle glissent d’un niveau à l’autre et d’une aile à son opposée « les archivistes » qui nous guident à travers l’architecture labyrinthique de ces travées et salles aux particularités encore inconnues pour nous.
Le temps nous a depuis appris à repérer et comprendre les « blocs fonctionnels » propres aux bâtiments : les magasins, les espaces dédiés à la valorisation des fonds, ceux dédiés à la conservation et bien sûr la salle de lecture centrale.
Puis vient le bouillonnement intérieur : notre petit groupe est là pour accompagner les artistes et faciliter les rencontres, éviter des frictions qui n’existeront peut-être jamais; mais tou(te)s, nous nous promettons de revenir plus tard, afin de profiter nous aussi des richesses entraperçues lors de nos allers et retours à travers les magasins.
Certain(e)s ont fait quatre visites au moins, sans jamais se lasser ni avoir l’impression de redondance. À chaque fois, nous grignotons avec plaisir la chance qui nous est offerte d’apercevoir d’un œil furtif la maquette du décor d’un autel du XIXe siècle à la grandiloquence un peu pompeuse ou les projets kitsch d’urbanistes des années 1980, dont les habitants vivent dans des shorts éternels sous un soleil écrasant. D’autres se pâment devant les empilement de boîtes de carton sombre et épais rêvant à un rangement domestique enfin efficace ou devant les monumentales tables de chêne dévolues aux lecteurs chanceux.
C’est la frénésie de découvertes vertigineuses qui nous gagne, et nous ne reviendrons aux lectures de textes et aux remarques savantes que bien plus tard. Arlette Farge, Michel Foucault, Walter Benjamin, Jacques Derrida et consorts sont bien là, mais minuscules, écrasés par la stimulation qu’offre la vue concrète du brassage d’informations, d’histoires, d’actions et de vies. Il faut à chaque fois digérer ces expériences fortes et, à regret, prendre le dessus sur l’excitation enfantine. La Collective.

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